dimanche 20 juin 2010

La Sélection rend hommage à José Saramago

L'entraîneur Carlos Queiroz, le Président de la Fédération Portugaise de Football, Gilberto Madaíl, accompagnés de toute l'équipe technique, se rendus au Cap pour déposer une couronne de fleurs près de la statue de Bartolomeu Dias afin de rendre hommage au Prix Nobel Portugais décédé vendredi dernier sur l'île espagnole de Lanzarote, à l'age de 87 ans.
Le corps de José Saramago est arrivé hier à Lisbonne en début d'après-midi à bord d'un avion des forces aériennes portugaises, accompagné notamment de son épouse, la journaliste espagnole Pilar del Rio, de sa fille, Violante, ainsi que de la ministre portugaise de la Culture, Gabriela Canavilhas.
L'auteur polémique de "Le Dieu Manchot", "L'Évangile selon Jésus Christ" ou "Le Radeau de Pierre" est mort vendredi sereinement, entouré des siens, "des suites d'une défaillance organique multiple, après une longue maladie", avait annoncé sa Fondation.
En 1993, cinq ans avant de recevoir le Nobel, Saramago, qui se décrivait lui-même comme un "communiste libertaire", avait quitté son pays pour s'installer aux Canaries après le scandale provoqué par son roman "L'Évangile selon Jésus-Christ", qui dépeignait Jésus perdant sa virginité avec Marie-Madeleine.
Dénonçant une atteinte au "patrimoine religieux portugais", le gouvernement avait décidé de rayer l'auteur de la liste des candidats au Prix européen de littérature, provoquant sa colère et son "exil" en Espagne.
Le chef du gouvernement de l'époque, l'actuel président de la République, Anibal Cavaco Silva, avait pourtant été l'un des premiers vendredi à saluer la mémoire de cette "référence de notre culture dont, a-t-il dit, la vaste œuvre littéraire doit être lue et connue par les générations à venir".
A l'étranger, plusieurs responsables, notamment le président brésilien Lula da Silva, le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero et le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, ont également rendu hommage à l'écrivain et à l'homme engagé.
Ardent défenseur des déshérités et des opprimés, militants des causes saharaouie et surtout palestinienne, José Saramago disait "écrire pour comprendre" un monde qu'il dépeignait comme "le siège de l'enfer" dans des romans à la limite du fantastique invitant à la lucidité et à la révolte.
Né le 16 novembre 1922 à Azinhaga, un village du centre du Portugal, il a publié en soixante ans une trentaine d'œuvres, des romans mais aussi de la poésie, des essais et des pièces de théâtre.
Très affaibli par la maladie, José Saramago travaillait pourtant à un nouveau "roman d'idées, sur la brutalité de la guerre", dont il avait écrit "une vingtaine de pages", selon son éditeur portugais Zeferino Coelho.
Samedi après-midi, une chapelle ardente a été installée à la mairie de Lisbonne, où le corps de Saramago restera exposé jusqu'aux obsèques, prévues dimanche dans la capitale portugaise.
Ses cendres seront ensuite dispersées entre Azinhaga, son village natal, et Tias, la localité canarienne où il a vécu les 17 dernières années de sa vie.

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